José DARAS, Sénateur ECOLO

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L'actualité, les coups de griffes, les coups de coeur, vos questions, vos réactions...
voici ce que vous y trouverez.

8 oct. 2009

Ceci… n’est pas un forum !




Faux forum, faux débat, la démarche de conditionnement de l’opinion publique par le soi-disant « Forum nucléaire » a été parfaitement orchestrée.

Premier temps : c’est ce que l’on appelle en politique une « pré-campagne ». Tous les médias sont mobilisés pour poser de pseudo-questions, montrer une fausse image de débat ouvert pour arriver, in fine, à une réponse favorable au nucléaire !
Pas moyen d’y échapper : affiches, journaux, télévisions sont envahis, propagandistes consentants pour profiter de la manne publicitaire.

Deuxième temps : bien laisser mijoter en faisant confiance à quelques relais privilégiés politiques, économiques ou académiques pour entretenir le feu sous la marmite.

Troisième temps : Reprendre la campagne plus agressivement encore (jusqu’aux sets de table dans les bistrots !)… juste au moment où la décision politique doit être prise.

Magnifique pas de deux du secteur des professionnels du nucléaire avec les décideurs politiques, extraordinaire opération de « propaganda » * , à savoir ce qu’Edward Bernays appelait « fabrique du consentement » dans la logique des « démocraties de marché ».

Si on examine la liste des membres du forum nucléaire (AGORIA, AREVA, Belgoprocess, CEN, Electrabel, IRE, SPE, Synatom, Tractebel, Westinghouse), trois réflexions émergent :
- Cette campagne est en partie payée par des subventions publiques ;
- Cette campagne est en partie payée par tous les citoyens via leur facture d’électricité ;
- Le poids du lobby nucléaire français est énorme dans ce forum : AREVA, Electrabel (=GDF Suez), SPE (=EDF).

Rarement un gouvernement aura bénéficié d’une telle campagne de conditionnement de la population pour faire accepter une décision a priori peu populaire.

Autre conclusion possible : face à un gouvernement zombie, il s’est avéré tellement facile de le soumettre aux intérêts d’un secteur.

Il fallait juste lui fournir l’alibi budgétaire, sécuritaire, environnemental…

* Définition de Wikipédia : « Ensemble d’actions psychologiques effectuées par une institution ou une organisation déterminant la perception publique des événements, des personnes ou des enjeux, de façon à endoctriner ou embrigader une population et la faire agir d’une certaine manière. »

15 mai 2009

L’assurance hospitalisation, c’est important.

Il est des sujets qui occupent beaucoup de temps au parlement, qui sont importants et dont, bizarrement, on ne parle pas dans la presse.

C’est le cas du projet de loi sur l’assurance hospitalisation qui règlemente (mal) l’évolution des primes, la responsabilité de l’assuré, la concurrence des sociétés d’assurance, etc.

Après un passage tumultueux à la chambre, le projet a été bloqué le jeudi 7 mai au Sénat. Mais il reviendra le 28, il est encore temps de se mobiliser…

Pour plus de détails, mon intervention...

4 mai 2009

Non, ce n'est pas un jeu!

Je n’aurais pas dû lire l’interview de Bob Dylan dans La Libre de lundi. Je devrais savoir qu’il a la réputation de répondre n’importe quoi selon son humeur du jour ou la tête du journaliste mais bon, nostalgie peut-être… Je l’ai lue, mal m’en a pris.

A la question « Que pensez-vous de la politique ? », sa réponse : « La politique, c’est un jeu, un sport… Des bêtes de foire. Les hommes politiques sont interchangeables. »

Au-delà de l’indignation qu’un démocrate ressentira (normalement) face à de tels propos, on doit bien constater que, chez nous aussi, les mots « jeux », et « politique » sont souvent associés : « ce sont les règles du jeu », « ce n’est qu’un jeu politique »,…

Mais au-delà du vocabulaire, du balai du FN et du cirque du PTB, on doit reconnaître et regretter que, souvent, les comportements des uns et des autres accréditent cette idée de jeu, de match.

Le plus visible se joue entre le PS et le MR qui vivent une soudaine remontée de sève idéologique au printemps préélectoral. Chacun dépense bien plus d’énergie à stigmatiser l’autre qu’à défendre ses propres projets, partant sans doute du principe qu’il est plus facile de coaliser contre un ennemi que pour un projet.

Pour certains commentateurs, le même match se jouerait dans la catégorie des poids moyens, entre le CDH et ECOLO.

Bien peu de place dans tout cela pour le débat d’idées, la défense de projets (pour la réalisation desquels il faudra pourtant coaliser le plus de monde possible et non diaboliser l’un ou l’autre).

Deviendrais-je grincheux avec l’âge ? Ce n’est pas impossible… mais je veux continuer à refuser de voir la politique comme un jeu, une compétition sportive où un tel gagne une saison et perdra la suivante.

La gestion de la société est une chose trop sérieuse pour la laisser aux joueurs et aux parieurs.